Aiura - La vie en aquarelle — Camélia Studio

Aiura – La vie en aquarelle

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En début d’année était diffusé Grimgar, le monde des cendres et de fantaisie, une série mêlant habilement tranche de vie et fantasy. Si la dimension très humaine fut un des points forts de l’anime, beaucoup auront également noté les qualités visuelles de ce dernier. Avec ses décors en aquarelle et son visuel épuré, Grimgar possédait effectivement de sacrés atouts. Ce style assez particulier, l’anime le doit à Ryosuke Nakamura. Il a déjà appliqué cette patte à deux de ses précédentes productions : Psychic School Wars et Aiura. Et aujourd’hui, c’est le dernier nom qui va nous intéresser.

Aiura est donc une série d’animation en 12 épisodes diffusée au printemps 2013. C’est un format court de quatre minutes, dont une pour l’opening. Elle est produite par Lidenfilms (Yamada-kun and the seven witches, The Heroic Legend of Arslan) et réalisée, évidement, par Ryosuke Nakamura. Non diffusée chez nous, elle est cependant disponible sur la version US de Crunchyroll. Quant à l’œuvre d’origine, le manga, c’est un 4-koma (comédie en 4 cases) assez banal dans son genre.

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Comme la majorité des tranches de vie scolaire du même format (4-koma donc), l’histoire d’Aiura brille par sa simplicité. Nous y suivons donc le quotidien de trois jeunes filles qui viennent de débuter leurs années lycée. Ce trio est composé de Kanaka Amaya, très énergique, de Saki Iwasawa, plus mature et sérieuse pour contenir sa camarade et Ayuko Uehara, souvent moquée pour sa petite taille.

Ces personnages sont simples mais très attachants. On les suit dans leur vie de tous les jours, au lycée ou chez Kanakana (le surnom de Kanaka), le tout dans un rythme calme et posé. Au point que les changements de lieu dans un seul épisode sont très rares, voire absents. Devant chaque épisode, on est littéralement « posé » dans un lieu et on n’en bouge pas ou très peu. Ce qui est très propice à la détente recherchée par ce genre de séries.

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Les seiyuu du trio principal aident grandement à cet aspect détente. Leurs voix sont assez « atypiques » pour une série du genre, dans le sens où elles ne font pas « moe » (autrement dit : mignonnes). Et pour cause, ce sont des doubleuses quasi inconnues du grand public qui ont eu les premiers rôles. Nao Tamura (Ayuko) et Yuko Iida ont toutes deux eu des rôles dans de grandes séries, mais rarement pour des rôles importants, même secondaires. Le pire étant, malheureusement, pour Yui Nakajima, la seiyuu de Kanaka, qui n’a eu qu’un seul rôle majeur dans… Aiura justement. Et c’est dommage parce que, et surtout pour cette dernière, leurs voix semblaient bien plus naturelles que celles de doubleuses classiques. Je ne veux pas dire par là qu’elles sont meilleures, on pourrait justement me rétorquer qu’elles manquent de profondeur dans leur jeu d’acteur. Mais ce caractère plus naturel des voix renforce l’aspect « vie quotidienne » de la série.

Mais ce qui rend la licence particulière, c’est bien sa réalisation. J’avais expliqué en introduction que la série Grimgar brillait par son visuel épuré, ses décors en aquarelle et des couleurs pastel qui constituent la patte de son réalisateur, Ryosuke Nakamura. Style que l’on retrouve donc dans ce titre. Et qui rend merveilleusement bien. Les décors sont très jolis malgré leur simplicité et participent au sentiment d’apaisement que procure la série. Les couleurs pastel n’agressent pas les yeux et achèvent cette harmonie visuelle.

Court Ayuko ! Court !Autre point fort de la réalisation avec l’animation des personnages et l’agencement de certains plans. Notamment dans le premier épisode, comme ce plan large d’Ayuko courant dans la rue. Le plan est simple, et pourtant très bon. À la fois en rythme, la caméra fixe collant au calme de la série. Ainsi qu’en représentation avec la petite Ayuko se dépêchant d’aller au lycée en courant, renforçant le caractère très vie quotidienne et humain de la série. Et c’est régulièrement comme ça dans l’anime, les plans, les mouvements des personnages et leurs expressions sont dessinés avec beaucoup de simplicité. Et c’est sans doute ces éléments-là qui sont au cœur de l’aspect humain, naturel et surtout vie quotidienne de la série.
Ainsi, en tant que tranche de vie, Aiura est pas mal dans son genre. Le fétiche de la plupart de ses séries est de « sublimer » le quotidien qu’il met en scène pour en faire oublier sa banalité apparente. Et la série fait de cette caractéristique son plus gros point fort. Elle joue sur son format court, permettant d’utiliser un rythme très lent 67108240e3ca8306b3a350df9ba83fa15accd77fpour une narration toute en douceur. Et la réalisation, avec le style aquarelle et ses personnages si naturels, se chargent de rendre le tout le plus agréable possible au spectateur, pour le détendre un maximum pendant quatre minutes.

Et quand on voit le travail de Ryosuke Nakamura sur cette série, on comprend rapidement comment il a pu se retrouver en charge d’une série d’action/fantasy comme Grimgar. Parce que les deux animes partagent cet aspect humain et simple, se concentrant sur ses personnages.

Pour conclure, Aiura est un sympathique format court à voir quand on veut se détendre. Avec douze épisodes de quatre minutes, la série peut être enchainée en moins d’une heure. Très intéressante sur sa réalisation, elle aborde un quotidien de lycéenne avec un visuel simple et poétique. Mention spéciale au générique d’ouverture avec un délire particulier sur le crabe et… Steve Jobs.

À propos de l'auteur

Auteur de génie et membre de la nouvelle garde de la blogosphère francophone du manga, je vous honore de mes brillants articles. Et je suis modeste en plus.

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