Mad Max: C'est plus fort que toi - Partie n°2 — Camélia Studio

Mad Max: C’est plus fort que toi – Partie n°2

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Comme promis nous revoilà avec la seconde et dernière partie de notre dépêche sur Mad Max avec le dernier opus de cette quadrilogie mythique ! (Lire la première partie)

 


 

Qu’ont en commun ces trois films ? Les deux premiers sont des ovnis qui carburent à la Red Bull et foncent droit dans le mur à fond. Ils ne s’arrêtent que quand Max repart pour de nouvelles aventures. Temps morts = 0.
Mais ce sont également des films réfléchis et bourrins, ils dépeignent un univers crédible où les gens se regroupent en bande pour survivre. Vadrouiller sans fin, c’est leur lot. Socialement parlant, c’est assez bien foutu, peut-être trop animalier sur les bords avec un système de hiérarchie façon loi du Talion, mais c’est représentatif de l’époque et du background du film. La meilleure défense ? Ça reste encore de défoncer ton prochain. Homme, femme, enfant.
En remettant dans le contexte qu’en 1979, George Miller était un réalisateur indépendant australien, il avait le décor autour de lui. Pas de contraintes de sujets ni d’images, la seule chose qui lui manquait c’était le budget. Conscient qu’il ne pourrait tourner qu’un film, il fit en sorte que Mad Max se suffise pour raconter une histoire. Budget tellement short qu’il en était obligé de monter le film dans son salon. Après, le film est kitschouille, ça c’est certain mais il a quand même réussi, à la surprise générale, permettant le financement du second volet. Plus nerveux, mieux filmé, plus audacieux. Tout est mieux que dans le premier. Le second étant un succès, forcément il appela une suite. Peut-être moins réussie, dû à son côté ’tout public’ ? Peut-être. Il n’empêche que 30 ans après, Mr Miller nous revient avec son quatrième bébé. Du haut de ses 70 ans, le monsieur a gardé en réserve le meilleur pour la fin.

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Mad Max: Fury Road c’est quoi ? Adieu Mel Gibson, le cuir à outrance. Bonjour Tom Hardy, la réalisation intelligente, l’authenticité de l’image (quasiment toutes les cascades ont été filmées sur fond vert et très très peu de CG pour le type de film dont on parle. Un tour de force), des personnages qui ont de la dimension et du charisme. Un but universel qui parle à tous et un univers tellement épais que j’en rêve encore la nuit.
Changer d’acteur pour incarner une icône du cinéma peut faire frémir mais ce Max est différent de l’ancien, tout comme Tom Hardy est différent de Mel Gibson. Il n’est plus aussi mordant ou abrasif avec ses répliques, mais son silence est tout aussi grinçant que l’humour de son prédécesseur. Un reboot qui montre que le réalisateur entre dans une toute nouvelle ère avec son héros.
Les précédents films souffraient forcément du manque de moyens et de techniques que Miller a aujourd’hui acquises. Fury Road est mûr et prêt à exploser à la moindre occasion.
On retrouve donc Max plus fou que jamais. C’est justifié, tout ce qu’il a aimé lui a été arraché avant, il n’a plus de but et sa survie se fera forcément au dépend de celle de quelqu’un d’autre. Justicier par le passé, maintenant il tue sans distinction et ne s’attache à rien sauf à la poussière qui l’entoure. Ce désert c’est son monde, il y vit et y mourra.
Que pouvait-on ajouter au d’ores et déjà merveilleux ’The Road Warrior’ ? A priori rien, le film se suffisait à lui seul mais l’arrivée de cet opus a montré à quel point l’univers de Miller est vaste. Plus qu’une hiérarchie du Talion, on parle d’une religion salvatrice où le métal et l’essence sont les divinités devant l’eau et la nourriture. Les foules acclament un cinglé de la route, un vendeur de mort à la Lord of War ou un comptable lubrique gavé à la luxure. Tous représentent l’idéal de ce nouveau monde, mené par les armées et de ces peuplades crevant la dalle au nom de leur leader.
Ici, on suit la troupe d’Immortan Joe, un cinglé du volant, ’Redeemer’ il promet la rédemption et le Valhalla à quiconque le suivra aveuglement. Son armée de War Boys, des gosses malades dues aux radiations restantes, est prête à mourir pour entrer au Valhalla. Au-dessus sont les ’Imperator’, des personnes destinées à accomplir les missions les plus importantes, que cela soit ravitaillement ou partir en éclaireur pour défoncer du quidam.
Notre Max se retrouvera donc au côté d’une Imperator, Furiosa. Elle part au-devant de gros ennuis pour atteindre un lieu paradisiaque où tout est vert et où la violence n’existe plus.
Mais devant elle, c’est surtout chaos, désolation et course poursuite folle.

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Le film est un huis-clos excitant où trop de choses se passent, où les personnages s’affrontent dans tous les sens du terme, évoluent et meurent à 300km/h. La finalité du film est juste à la hauteur du reste, 2h20 de poussière, de sueur et de flammes qui s’éclipsent en un instant devant la fureur de vivre de ses personnages principaux. Tout y est et même plus puisque qui dit ’duo homme/femme’ dit ’romance’ ! Et non ! NON ! C’est le miracle de ce film ! Là où Avengers avait besoin de caser Black Widow avec Hulk, Fury Road n’a pas besoin d’une romance pour faire évoluer son personnage féminin et ça c’est beau !
Le film a été dit féministe, pourquoi ? Il est réaliste, abordant énormément de sujets de façon intelligente et pas seulement un pseudo débat féministe. Que l’on parle d’une violence éhontée, de la position de la femme dans la société (au travers de Furiosa ou des femmes d’Immortan Joe) ou bien même de la réalisation de soi ou d’une réelle rédemption. Fury Road est bien plus que ça et il raconte tout cela, et beaucoup plus encore, avec aisance et beauté. Le fond et la forme sont naturellement liés et entraînés violemment en ligne droite par une bande son qui porte tout avec elle. On vit le film devant nous et en nous, la musique reflétant notre rythme cardiaque et ses montagnes russes.

Le personnage de Max est avant tout un héros qui s’est perdu et qui se retrouve et se reconstruit malgré lui. Emblème du héros justicier dans les années 80, il est aujourd’hui de retour plus héroïque que jamais aux côtés de Furiosa.

Voilà un divertissement intelligent et sans prise de tête qui va faire péter le thermomètre de votre appartement pour la sortie du bluray, le 23 septembre prochain.

 

Now: RIDE ETERNAL, SHINY AND CHROME BABE!

 

 

À propos de l'auteur

Hanheni

Pioupiou qui avoine sec.
Un jour j’ai décidé d’être productive et aujourd’hui j’ai plus de 350h sur Dragon Age.
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Mes kiffes succincts : Science, technologies, animation 2D, illustration, ciné, jeux-vidéos et passablement le monde réel.

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