Full Metal Jacket

Salut, salut !

Dans ce numéro, je vais de nouveau vous parler d’un film qui n’est pas récent, mais ô combien intéressant. Un petit bijou que vous vous devez de regarder, si cela n’est pas encore fait. Car Full Metal Jacket est vraiment un « beau » film.

Fiche technique

Titre : Full Metal Jacket
Réalisation : Stanley Kubrick
Scénario : Stanley Kubrick, Michael Herr et Gustav Hasford
Décors : Anton Furst
Costumes : Keith Denny
Photographie : Douglas Milsome
Montage : Martin Hunter
Musique : Vivian Kubrick (sous le nom d’Abigail Mead)
Effets spéciaux : John Evans
Production : Stanley Kubrick
Société de prodution : Warner Bros.
Budget : 30 millions $
Langues : anglais, vietnamien
Format : Couleur – 1,37:1 – son mono
Genre : guerre
Durée : 116 minutes
Dates de sorties :
États-Unis – 26 juin 1987 / Royaume-Uni – 11 septembre 1987 / France – 21 octobre 1987
Film interdit aux moins de 12 ans lors de sa sortie en salle

Contexte

Le sujet principal de ce long métrage est la guerre du Vietnam (ou deuxième guerre d’Indochine – pas le groupe de musique hein). Pour resituer rapidement le contexte, cette guerre a duré environ vingt ans (1955-1975) et a été un gouffre monstrueux pour les États-Unis, qui y a engagé de très nombreux militaires au sol (plus de cinq cent mille). Très décriée par l’opinion publique américaine. Au total, ce sont plus de sept millions de tonnes de bombes qui furent larguées sur le pays (en comparaison, à peine trois millions et demi durant la seconde GM), trois millions de morts côté vietnamien (un million militaire, deux millions civils) et près de soixante mille soldats américains. Et c’est précisément dans cette belle histoire, teinte d’orange, que nous allons être plongés.

Scénario

Le film se découpe en deux parties bien distinctes. La première (environ le tiers) relate l’entraînement des soldats, tandis que l’autre nous emmènera sur le terrain. Mais revenons au début, voulez-vous ?

Parris Island, camp d’entraînement militaire en Californie du Sud. Nous retrouvons nos nouvelles recrues, sous le joug de l’instructeur Hartman, qui base sa discipline, extrêmement sévère, sur l’injure, la soumission et l’humiliation totale (il surnommera par exemple un noir « Blanche Neige »). Il le dit lui-même dans les premières minutes : « Mais plus vous me haïrez et mieux vous apprendrez ! ». Le ton est donné. Nous seront plus particulièrement derrière la recrue surnommée « Guignol », pour la phrase qu’il énoncera : « Est-ce que c’est toi John Wayne ? Ou est-ce que c’est moi ? », alors que Hartman leur montre gentiment comment va se passer leur instruction.

Guignol se retrouvera à devoir prendre sous son aile « Grosse baleine », qui est enrobé, vous l’aurez deviné et, qui est le souffre-douleur préféré de l’instructeur. Celui-ci, très empoté, est littéralement une **tarte aux fraises** pour les entraînements physiques et ne sait même pas lacer ses rangers. Il finira par devenir la tête-de-turc de ses camarades, qui seront punis à sa place lorsqu’il fera une bourde. Je ne vous dévoile pas la fin de cet acte-là, mais je peux vous dire qu’il finira d’une manière bien tragique.

Ici est dépeint la brutalité de la formation des Marines qui se doit d’engendrer des « prêtres de la mort, implorant la guerre ».

La seconde partie, occupant les deux-tiers restant quant à elle, nous fera plonger au cœur du conflit, au Vietnam. Toujours au travers de Guignol, nous voilà dans la guerre ! Ce dernier choisit d’être affecté dans une unité de journalistes militaires et se retrouvera à rédiger pour le magazine Stars and Stripes. Il va remettre en question ce dernier, ce qui lui vaudra d’être envoyé sur le front par son supérieur. Sur place, il retrouvera un camarade de son camp d’entraînement, « Cowboy ». Cette partie-ci est également très dure et finira aussi bien tragiquement, en poussant nos protagonistes dans leurs limites morales, éthiques et psychologiques.

Le parti pris est très intéressant, car il ne s’agit pas de dire « Bouh ! La guerre c’est pas bien », mais plutôt de nous montrer réellement ce qu’elle est. Il se ferait d’ailleurs par moment presque passer pour un reportage sur place, conté via Guignol.

Visuel & bande-son

Visuellement très réussi, rien à redire là dessus, quasi-intégralement filmé à la première personne, il n’y a pas de plans démentiels et improbables, on est au contraire très bien imprégné dans le feu de l’action et cela accroît beaucoup le malaise que peut en avoir le spectateur. Il date tout de même de la fin des années 80 et le temps fait ses effets, mais cela n’empêche vraiment en rien de l’apprécier, car il est vraiment pensé de manière intelligente.

La B.O. comporte des titres contemporains à l’époque de la sortie du film. On retrouve par exemple l’excellent Paint it Black des Rolling Stones, ou encore Surfin’Brid de The Trashman. Concernant les phases de combats, c’est la fille du réalisateur, Vivian Kubrick, qui les réalisa et fit un très beau boulot, puisque ces scènes particulièrement inquiétantes et stressantes sont très bien rendues par sa musique.

Anecdote

Le titre Full Metal Jacket fait référence à un type de munitions standard utilisées par les armées et les polices du monde entier. Munitions dites « FMJ » (pour « Full Metal Jacket Bullet »)n ce qui donne en bon français « balle entièrement chemisée de métal », qui sont des balles typiquement militaires.

Il est aussi à noter que ce long métrage n’aura été récompensé par aucune distinction particulière et n’a au mieux qu’été nommé pour certains d’entre-eux.

En définitive

Je vous le recommande chaudement ! Une belle mise en scène qui nous plonge dans les abîmes de cette guerre, en prenant le parti intelligent de la montrer concrètement, plutôt que de la critiquer vivement. Il arrive à relater une guerre, sans être fondamentalement violent (interdit au moins de 12 ans seulement), ce qui permettra même aux plus sensibles d’entre-vous de le visionner sans crainte, l’hémoglobine n’étant pas omniprésente (mais pas absente non plus).

Article écrit sous le pseudonyme de Sangigi Fuchsia

Truc écouté pendant la rédaction de l’article : Tommy Heavenly.


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 11 de Mag’zine, que vous :pouvez toujours aller le lire ici.



Écrit par

Salut ! Moi c'est Gigi pour les intimes, rédacteur en chef du site. Passionné de culture et d'art depuis bien des années, pour ne pas dire toujours, j'espère que vous prendrez du plaisir à découvrir ou redécouvrir des choses par ici ! Attention « Mon langage est composé de 97 kg de méchanceté. »

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