Introduction au Wushu

Je voudrais aborder ici une forme d’art qui me tient particulièrement à cœur. C’est-à-dire les arts martiaux et, plus précisément, les arts martiaux énergétiques chinois. En Europe, ils sont regroupés sous le terme générique de Wushu, mais cette appellation doit faire doucement ricaner nos amis chinois. Car, pour eux, cela veut simplement dire « art martial » et, ils emploient des termes bien spécifiques pour leurs propres styles d’art. Pour plus de commodités, je vais malgré tout me conformer à l’usage occidental.

Si je vous dis Bruce Lee, Jet Li, Jackie Chan… Ah ! Vous me suivez enfin ! Le Wushu a été rendu célèbre par Bruce Lee au cinéma, le flambeau ayant été repris par les non moins connus Jackie Chan et Jet Li. Le Kung-Fu en est incontestablement le style le plus connu, les écoles du style Shaolin sont également très nombreuses par chez nous. Un style, moins combatif de prime abord, tend à faire son chemin également en Occident, j’ai nommé le Tai Chi Chuan. Mais ce ne sont pas les seuls, loin de là.

Faisons un peu d’histoire :

Le Wushu est un art plurimillénaire, même si on n’en trouve les premières traces que dans des écrits datant de 600 ans avant l’ère chrétienne, dont seules les formes les plus édulcorées sont parvenues à l’homme contemporain, et surtout à l’homme occidental. Il est constitué de centaines de styles de combat à mains nues ou armées, décomposés en milliers de formes. C’est un art qui mêle intimement, art du combat, philosophie, connaissance énergétique. Il a su évoluer, s’affiner, s’adapter au travers des siècles et des différents styles.

D’abord, exclusivement réservé aux moines et aux militaires, il s’est développé dans un but d’auto-défense, d’activité de chasse et pour la formation des soldats chinois.

Sous l’égide de Confucius, qui prône la pratique des arts littéraires autant que des arts martiaux, il se « popularise », en restant encore l’exclusivité d’une certaine élite. Il s’élargit en incluant dans ses préceptes la médecine (physiologie, acupuncture), la philosophie, mais aussi la musique, pour atteindre un accomplissement personnel.

Il influe la poésie, la danse, la littérature, la psychologie et, constitue durablement les fondements philosophiques de la société chinoise.

En Occident, les aventureux Jésuites nous rapportèrent les prémices de cet art dès le XVIe siècle. Cependant, cela restait plus ou moins secrètement enseigné derrière les lourdes portes des grandes demeures nobles. La diaspora chinoise a largement contribué à faire connaître le Wushu à travers le monde contemporain. Mais cet élitisme a fait disparaître un grand nombre de styles. La période républicaine chinoise a aussi largement permis l’ouverture de l’enseignement du Wushu à tous, véhiculant la fierté et les idéologies d’un peuple, d’abord colonisé par les Japonais et les Occidentaux, puis opprimé par la dictature qui fit suite à la guerre civile.

Plus en détail :

Le Wushu comprend près de 600 styles pour un millier de formes, mais respecte malgré tout quatre grands principes, spécifiques aux arts chinois : da (technique de percussion), tui (technique de déséquilibre), shuai (technique de projection), na (technique de saisie).

En France, il se décompose en trois grandes familles, intégrant les principaux styles d’arts selon leur but primaire :

  • Les arts énergétiques chinois (ou AEC), comme le quigong (prononcé « tchikong ») ou le dao ying fa, sont essentiellement tournés vers l’entretien de notre santé et notre bien-être, car ils véhiculent les grands principes physiologiques et philosophiques chinois.
  • Les arts martiaux chinois internes (ou AMCI), tels le tai chi chuan, le hsing i, le bagua zhang, le yi quan, sont régis par le principe du « wu wei » (agir par le non-agir). Les principales formes sont tournées vers le bien-être et l’équilibre du corps et de l’esprit, mais trouvent aussi des applications martiales.
  • Les arts martiaux chinois externes (ou AMCX), tels le kung fu traditionnel, le wushu sportif, wing chun, le shuai jiao, le jeet kune dao, sont les disciplines les plus connues d’applications martiales et sportives. Le Wushu sportif faisait d’ailleurs partie des nouvelles disciplines candidates pour les JO de 2020, même s’il a été supplanté par la lutte.

L’AEC et l’AMCI sont étroitement liés de par leurs recherches intimistes. Avec l’AMCX, arts plus expressifs, ils illustrent parfaitement le principe universel du ying et du yang.

Un art dans l’art :

Dans les années 70, Bruce Lee, illustre acteur sino-américain, « popularise » le Wushu, grâce à ses films tels que « La Fureur de Vaincre », « La fureur du Dragon », mais surtout « Opération Dragon ». Contrairement aux apparences, l’art qu’il pratique n’est pas du kung-fu, mais un style appelé « Wing chu » auquel il mêle d’autres styles. Bruce Lee a d’ailleurs créé sa propre école, le « Jeet kune dao », dont l’enseignement est toujours diffusé. Il a ouvert la voie à nombre d’acteurs asiatiques, mais aussi occidentaux, pratiquant les arts martiaux pour le 7ème art.

Sur la fin des années 70 et durant les années 80, Jackie Chan, d’abord cascadeur pour les films de Bruce Lee, entre autres, nous offre de superbes acrobaties physiques et burlesques, alliant ses techniques de combats, sa grande pratique des cascades et son humour, qui donnent une véritable bouffée d’air frais au public chinois avec « Le Chinois se déchaîne » ou encore le « Maître chinois ». Plus particulièrement, avec la célèbre boxe de l’homme ivre, ce style antique, initialement créé, selon la légende, par huit immortels taoïstes d’une grande sagesse, développe une forme d’art martial permettant de dépasser sa propre faiblesse en utilisant le déséquilibre de son propre corps en lieu et place de l’esquive. Ce style très particulier est d’ailleurs allègrement repris dans « Kung-Fu Panda », mais aussi par le fameux Gai Sensei et son disciple Rock Lee, alias « Gros Sourcils », dans « Naruto » et, j’en passe.

Durant les années 90, le Wushu connaît son plein essor au cinéma, toujours grâce à Jackie Chan, mais aussi Chuck Norris, Jean-Claude Van Dame, ainsi que Jet Li, pratiquant pour sa part un style de Wushu sportif de la région de Canton. Je vous invite d’ailleurs à admirer toute sa technique, dans la série des « Temple Shaolin », mais aussi « Le Maître d’armes ». Bien entendu, ce ne sont que quelques exemples et mon propos n’est pas ici de faire l’éloge de tel ou tel acteur.

Depuis le début du XXIe siècle, les films de kung-fu, ou utilisant les arts martiaux sous quelque forme que ce soit, pullulent pour notre plus grand plaisir. Ceux-ci ne se cantonnent certes pas au seul wushu chinois, même s’il reste grandement majoritaire avec les arts martiaux japonais.

Pour conclure

La FFWuchu aemc est une des rares fédérations qui peut s’enorgueillir d’enregistrer des membres de tout âge. Si vous êtes curieux, je vous invite donc à faire un tour sur le site de la fédération* : je suis sûre que vous y trouverez une école qui vous correspond.

De par le monde, des centaines de milliers de pratiquants s’exercent au Wushu sportif ou traditionnel, énergétique interne ou externe. Le sujet est tellement vaste qu’on pourrait l’explorer à l’infini. J’essaierai de vous en faire découvrir quelques préceptes plus en détails, avec d’autres articles, en zoomant sur certains styles très prochainement.


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 8 de Mag’zine, que vous pouvez toujours aller le lire ici.

NdR : comme nous ne faisons pas de préférence, voici les liens pour l‘autre fédération de wushu, ainsi que la fédération de karaté, qui a inclus récemment dans ces cadres l’enseignement du wushu, notamment le kung-fu



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Écrit par

Tricoteuse de chiffres IRL. Garde du Mag'zine. Accessoirement Petite Main. Phrase fétiche : « Puissiez-vous vivre des moments intéressants »

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Natsuki

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