Nobunaga Conceto — Camélia Studio

Nobunaga Conceto

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Je vous retrouve donc pour « notre » second voyage dans le temps, avec cette fois-ci, un drama, c’est à dire une série télévisée asiatique, japonaise plus particulièrement.

Je vais vous présenter Nobunaga Concerto, réalisé par Hiroaki Masuyama, dont le scénario est adapté du manga éponyme par Masafumi Nishida. Le drama a été diffusé à la télévision japonaise, en onze épisodes, entre octobre et décembre 2014. Celui-ci est disponible en version sous-titrée, chez Crunchyroll*, qui l’a également diffusé en simulcast. Aujourd’hui, il est désormais accessible en streaming gratuit chez le même éditeur.

L’histoire

Débute avec le jeune Saburo, lycéen moderne, un peu timide, mais affligé d’un puissant défaut : il fuit tout responsabilité. À tel point, qu’après s’être déclaré à une belle jeune fille au début de l’histoire, il s’enfuit sans même attendre de réponse. Défaut que ses amis lui reprochent particulièrement.

Lors d’un festival dédié à l’ère Sengoku, Saburo fuit encore et escalade un mur dont il chute… pour se retrouver littéralement projeté à l’ère Sengoku, où il tombe nez à nez avec le célèbre Nobunaga Oda (personnage incontournable de l’histoire japonaise, que les nippons croquent à toutes les sauces ou presque). Il se trouve que Saburo et Nobunaga se ressemblent comme deux gouttes d’eau, et pas que physiquement ! En effet, Nobunaga, qui n’est, au moment de la rencontre, que le second fils du clan Oda, est en train de prendre la fuite ! Profitant de leur ressemblance, il demande à Saburo de le remplacer.

Saburo, pensant à une mise en scène, accepte avec grâce et rejoint le clan Oda, dans ses vêtements du XXIe siècle ! S’ensuit alors une multitude de quiproquos, Saburo est persuadé qu’il joue dans une vaste reconstitution et, les vassaux et serviteurs pensent que le seigneur Nobunaga a fait une chute de cheval, qui lui a un peu chamboulé le cerveau.

Saburo se retrouve pris malgré lui dans les intrigues du clan Oda, et notamment de « son » frère aîné. Il réalise enfin, lors d’une bataille, que tout ceci n’est pas un « jeu », mais bien la triste réalité. En réalité pas si triste, car en plus d’hériter du clan Oda, Nobunaga s’avère marié à une superbe princesse, certes légèrement revêche au début, mais qui s’amadouera au contact de Saburo. S’il joue tant bien que mal son rôle de Nobunaga, il ne peut pas cacher sa vraie nature, ni son éducation ô combien éloignée de l’époque sanguinaire de l’ère Sengoku. Il est pourtant bien obligé d’apprendre à ne plus fuir ses responsabilités et se révèle avoir un cœur d’or. Il s’attirera d’ailleurs l’admiration et le dévouement de ses vassaux, malgré son attitude un peu trop fuyante, et son parler un peu trop moderne.

Saburo retrouve même des « contemporains » parmi quelques figures du moment, mais je vous laisse découvrir lesquels. Saburo-Nobunaga suit allègrement le chemin que l’Histoire connaît, un peu à l’aveuglette il faut dire. Car, bien qu’il ait eu son manuel d’Histoire à l’arrivée, les passages sur Nobunaga ont été « malencontreusement » déchirés et Saburo n’était pas très doué dans cette matière au lycée. Il se souvient bien de quelques noms célèbres, sans pour autant se rappeler leur rôle réel. Aussi, il accepte dans son entourage, très innocemment et sans forcément beaucoup de jugeote, quelques vassaux et alliés assez douteux.

Malgré cela, tout irait pour le mieux dans le meilleur des mondes, si le vrai Nobunaga ne refaisait pas surface, tout en affirmant ne pas vouloir reprendre sa place. Et si la supercherie venait à être découverte, que se passerait-il pour Saburo ? Là aussi, je vous laisse le découvrir.

Les acteurs

Cette série est particulièrement soignée au niveau de la sélection d’acteurs, aussi je vais m’y arrêter un peu.

Tout d’abord, nous avons Shun Oguri, qui incarne Saburo et Nobunaga. Si son âge (trentenaire) le rend peu convaincant en lycéen dans le premier épisode, il est pourtant sublime en Nobunaga et transmet parfaitement les doutes et les aspirations de Saburo, en samouraï déjanté. Bon, j’avoue, j’adore cet acteur, mais il le vaut bien et, avec ce drama, il me l’a encore prouvé !

Ensuite, nous avons Kou Shibasaki, qui incarne la princesse Kicho, épouse de Nobunaga, avec une grande finesse, ainsi que Osamu Mukai, qui interprète Tsuneoki, premier vassal, ami fidèle et frère de lait de Nobunaga, avec tout le talent qu’il sait déployer, ou encore Takayuki Yamada, qui joue le traître Denjiro avec beaucoup de brio.

Pour les fans de drama, vous serez particulièrement bien servis car les acteurs connus sont aussi nombreux parmi les personnages secondaires et, je vous invite à regarder ce drama pour découvrir également quelques « guest stars » qui font leur apparition au fil des épisodes.

La réalisation

De ce point de vue, là aussi, je dirais une grande réussite, n’ayant jamais lu le manga, ni encore eu le temps de regarder l’adaptation anime*, qui est également disponible sur Crunchyroll.

Le tournage des scènes de bataille nous plonge directement dans le sujet.

Les scènes comiques (car il y en a à la pelle) sont tantôt sobres et d’un humour parfaitement amené, notamment lors des discussions entre Saburo-Nobunaga et Kicho, tantôt d’un burlesque extravagant, bien dans la mentalité japonaise, qui vous fera rire aux larmes.

Vous aurez aussi parfois la larme à l’œil, tant le jeu des acteurs est convaincant, dans les quelques scènes à fort potentiel émotionnel.

Les décors sont d’ailleurs magnifiques, notamment les champs de bataille qui se déroulent dans un cadre naturel absolument somptueux.

Bref, Hiroaki a bien mené son monde, et nous livre ici une superbe réalisation, très fluide et haute en couleurs.

Pour conclure

Les réactions de Saburo m’ont faite pleurer de rire, et Kicho était vraiment amusante, avec son air guindée, derrière un corps d’ange et un cœur d’artichaut. Sans compter les nombreux personnages secondaires, qui trouvent tous une place bien définie dans l’histoire et nous offrent même quelques bons fous rires ou même de belles émotions. En prime, j’en ai appris un peu sur l’histoire japonaise, moi qui suis encore plus ignare que Saburo à ce sujet.

Bref, j’ai dévoré ce drama, regrettant presque de devoir les quitter à la fin du onzième épisode. Même si c’est une « bonne » fin, j’aurais aimé rester à l’époque Sengoku un peu plus longtemps. Je vous invite d’ailleurs à le regarder, car vous ne serez pas déçus.

Ceci achève « notre » second voyage et je vous retrouve bientôt pour le dernier.


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 11 de Mag’zine, que vous :pouvez toujours aller le lire ici.

*Licence drama expirée chez Crunchyroll – la licence anime est toujours active

À propos de l'auteur

Tricoteuse de chiffres IRL. Garde du Mag'zine. Accessoirement Petite Main. Phrase fétiche : « Puissiez-vous vivre des moments intéressants »

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