Odin Sphere — Camélia Studio

Odin Sphere

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Fiche Technique

Date de sortie initiale : 17 mai 2007
Genres : /action-RPG/beat’em all/
Développeurs : Vanillaware, Atlus
Éditeurs : Atlus, Square Enix
Plates-formes : PlayStation 2, PlayStation 4, PlayStation Vita, PlayStation 3


Suite au succès vidéoludique de « Dragon’s Crown », dont les ventes se sont élevées à plus de neuf cent quarante mille exemplaires à travers le globe (chiffres du deuxième semestre 2014, parus via le compte Twitter du développeur), une nouvelle collaboration pour un projet HD est annoncée le 21 juillet 2015, entre le studio de développement « Vanillaware » et l’éditeur « Atlus ».

L’annonce présente le prochain titre comme un « poème épique ». De plus, avec l’image laissée en indice sur le site officiel Atlus-Vanillaware.jp (en l’occurrence, une graine en germination), il n’en fallait pas plus pour mettre la puce à l’oreille de bon nombre de joueurs. Il ne s’agissait ni plus ni moins que d’« Odin Sphere », qui s’offre une refonte HD sur Playstation 3, Playstation 4 et Playstation Vita. Sorti la toute première fois au Japon le 17 mai 2007 sur Playstation 2, Odin Sphere est un Action-RPG/Beat’em all en 2D, développé par Vanillaware et édité par Atlus/Square Enix.

À l’occasion de son remake HD, le titre a été renommé « Odin Sphere : Leifdrasir » et est prévu le 14 janvier 2016 au Japon. Une sortie en Occident est en vue pour la même année, sans toutefois plus de précisions pour le moment. Il est à noter que ce remake ne se résumera pas qu’à de simples retouches graphiques HD, celui-ci intégrera toute une flopée de contenus neufs : de nouveaux monstres et personnages feront leur apparition dans des niveaux et lieux inédits jusqu’à maintenant. Par ailleurs, le système de combat a été revu et amélioré en vue d’apporter de nouveaux mécanismes de jeux. Bref, tout cela paraît vraiment très alléchant.

Sans plus de digressions, l’article qui suit portera essentiellement sur la version Playstation 2 du jeu, traduite en français et sortie en Europe le 13 mars 2008.

Un vent asgardien souffle sur console

Odin Sphere est un conte enchanteur teinté de mythologie nordique, nous transportant dans un univers féerique aux couleurs chatoyantes. Cette épopée se dote d’un chara-design soigné, illustré par des sprites 2D de toutes beautés, complétées par des décors somptueux, très détaillés, qui laissent rêveur.

On ne peut que saluer le remarquable travail esthétique de Vanillaware, qui depuis toujours excelle dans la conception ainsi que le développement de jeux vidéo en 2D. Après « Princess Crown » et « Grim Grimoire », le studio japonais affirme une énième fois son savoir-faire et élève littéralement Odin Sphere au rang de chef d’œuvre. Son atmosphère unique, empreintede poésie et d’un onirisme typiquement nippon, ne vous laissera certainement pas indifférent.

L’histoire n’est pas en reste et brille par sa mise en scène. Tandis que les royaumes de Ragnanival et de Ringford sombrent dans la guerre, une sinistre prophétie menace le continent d’Erion, qui est en passe de devenir le théâtre d’une inéluctable tragédie.

Vous incarnerez cinq héros que pourtant rien ne semble lier, mais qui, à tour de rôle, vont se retrouver plongés au sein d’une même histoire, éclairée de points de vue distincts, pour tout doucement donner forme à une trame globale. Qu’ils soient alliés ou ennemis, chaque protagoniste a une noble quête à accomplir. Les cinq récits, orchestrés à la manière d’une pièce de théâtre, se mêlent, s’entrecoupent et se joignent pour finalement reconstituer un puzzle aux innombrables fragments.

L’intrigue, bien que légèrement à l’eau de rose et « cliché » par moment, est captivante et regorge d’une profonde richesse. Le tout est accompagné d’une bande son magistrale, en harmonie parfaite avec l’ambiance du titre.

Côté gameplay

Odin Sphere se présente comme un Action-RPG/Beat’em all. Pas question non plus de foncer dans le tas en appuyant sur tous les boutons, les combats sont à aborder avec un minimum de tact et de stratégie, sous peine de subir un contrecoup punitif résultant à un inévitable game over. Les batailles se déroulent dans des niveaux circulaires en défilement horizontal, pouvant être parcourus dans un sens comme dans l’autre et comportant des jonctions vers d’autres paliers.

Pour progresser vers les aires suivantes, il faudra au préalable se défaire de la totalité des ennemis d’un niveau, pour peu à peu, se frayer un chemin vers la zone du boss. À chaque étage terminé, on se voit gratifier d’un coffre de récompenses, dont le contenu varie selon la performance du joueur.

En passant par Gwendolyn, la Valkyrie ; Oswald, le Chevalier des Ombres ; ou bien Velvet, la Sorcière : chaque personnage dispose de son propre style de combat. Le gameplay est plaisant et se retrouve renouvelé à chaque changement de héros et de scénario, permettant ainsi de poursuivre l’aventure sans lassitude.

Par ailleurs, le jeu fourmille de mécanismes subtils qui confèrent au titre tout son intérêt. Le système d’évolution est pour le moins étonnant, on y adhère ou pas… En effet, le développement des personnages tourne autour de particules lumineuses appelées « Phozons », libérées par les ennemis à leur mort.

On peut décider de les absorber aussitôt afin d’augmenter directement son quota d’expérience, ou bien de les utiliser à des fins botaniques pour la germination de pépins, à partir desquels des fruits et légumes émergeront. Par la suite, ces derniers pourront être consommés lors de combats (restituant de précieux points de vie au personnage et lui apportant un montant d’expérience fixe) ou servir d’ingrédients pour des recettes de cuisine et d’alchimie, apprises au cours de l’aventure. Le joueur se voit donc octroyer la possibilité de mener son évolution comme il l’entend.

C’est toute une mécanique de jeu, qui une fois assimilée, devient réellement passionnante à mettre en œuvre. Les systèmes de cuisine et d’alchimie permettent de tirer profit des ingrédients précédemment amassés. Il nous revient alors de décider de la tactique à adopter pour maximiser le rendu de ces constituants afin de faire évoluer au mieux nos héros. La maîtrise de ces mécanismes est fondamentale et constitue l’une des clefs de la réussite pour venir à bout du jeu.

Les doublages anglais mais surtout japonais, de très bonne facture, sont appuyés par une traduction française de qualité. En bonus, un mode Archive est disponible et permet de revoir les scènes de chaque personnage, celles-ci s’inscrivent dans une frise chronologique pour nous apporter une compréhension accrue de l’histoire et de ses événements.

Odin Sphere est certes excellent mais quelques ombres figurent tout de même au tableau. Même en mode facile, le jeu se révèle particulièrement ardu au détour de certains passages, où les adversaires sont redoutables, en raison d’une difficulté parfois mal dosée. Cela est d’autant plus vrai durant les premières heures de jeu, lorsqu’on commence tout juste à prendre ses marques et où l’on est confronté aux premières difficultés, aux premiers échecs et aux premières frustrations. Une fois cela surmonté avec une prise en main plus habile, le jeu commence à dévoiler toute sa richesse et la persévérance finit par payer.

Seulement huit mondes vous attendent sur le continent d’Erion, ceux-ci devront être visités à plusieurs reprises, dans un ordre plus ou moins différent en fonction du scénario. Cette redondance pourra en ennuyer plus d’un, mais elle se fait oublier au profit d’une intrigue, qui une fois plongés dedans, s’avère réellement captivante et nous pousse à aller toujours plus loin.

Dernier point noir : l’accès à l’inventaire et sa gestion. Fastidieux, surtout au début où l’on se retrouve avec plus d’objets à ramasser que d’emplacements disponibles, il faudra donc faire certains choix… Heureusement, cela s’améliorera par la suite.

Que retenir au final ?

L’excellence de ses graphismes 2D constitue la marque de fabrique du studio Vanillaware. Odin Sphere n’échappe pas à la règle et perpétue la tradition. Arrivée en fin de vie de la Playstation 2,c’est une authentique perle vidéoludique, brillant tant sur le fond que sur la forme, qui nous revient dans un remake HD prometteur. Espérons que celui-ci nous soit traduit, tout comme la précédente version.

Le titre est à lui seul un vrai challenge pour lequel une trentaine, voire une quarantaine, d’heures de jeu seront nécessaires pour venir à bout des six chapitres qui le composent.

A l’heure où la 3D est quasiment devenue un standard, force est de constater que Vanillaware a su conserver son fer de lance avec brio en ayant, après Odin Sphere, développé des jeux tels que « Muramasa : The Demon Blade » et « Dragon’s Crown », qui s’inscrivent dans la même lignée. La patte graphique de George Kamitani y est pour beaucoup, je leur souhaite de tout cœur de continuer sur cette lancée. Vous aussi, laissez-vous tenter par cet univers enchanteur !


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 14 de Mag’zine, que vous :pouvez toujours aller le lire ici.

À propos de l'auteur

Ici Lord, « petite main » pour le Mag'zine dans la rubrique Soleil Levant, on m'exploite 48h par jour (oui, oui c'est possible !). La preuve : on m'avait averti que le taff serait rude. Or, un homme averti en vaut deux. Donc 2*24... vous me suivez ?

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Natsuki

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