Persona 3 The Movie - #.1 & #.2 — Camélia Studio

Persona 3 The Movie – #.1 & #.2

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Titre original : Persona 3 The Movie : #1 Spring of Birth | #2 Midsummer Knight’s Dream
Année de production : 2013 | 2014
Studio : AIC A.S.T.A. | A-1 PICTURES
Genres : action/fantastique & mythe/
Auteur : Atlus
Durée : 1 film 90 mins

Décliné en plusieurs films, « Persona 3 The Movie » est l’adaptation cinématographique du troisième volet de l’emblématique série de jeu-vidéo de rôle d’Atlus : « Shin Megami Tensei : Persona ».

Le tout premier long-métrage, intitulé « Spring of Birth », a été produit par le studio AIC A.S.T.A et est sorti le 23 novembre 2013 au Japon. Ce premier épisode permet notamment l’immersion dans l’univers du jeu et pose les bases nécessaires à la compréhension et au développement du scénario.

Par la suite, le projet d’adaptation sera confié au studio A-1 PICTURES et le second opus « Midsummer Knight’s Dream » débarquera le 7 juin 2014 dans les salles de cinéma nipponnes. Rappelons au passage que AIC A.S.T.A et A-1 PICTURES s’étaient déjà partagés l’adaptation anime de Persona 4, en produisant respectivement « Persona 4 : The Animation » et « Persona 4 : The Golden Animation ».

Pour en revenir à « Midsummer Knight’s Dream », ce deuxième épisode amène de nouvelles briques scénaristiques, exploitées intelligemment de manière à faire évoluer le scénario et à creuser certains aspects de l’intrigue, qui pouvaient porter à interrogations lors du précédent volet.

Cet article aura notamment pour objectif de mettre en exergue les événements des deux premiers films et de porter une analyse critique sur ces adaptations.

L’histoire

Persona 3 The Movie : #1 Spring of Birth :

Nous sommes en avril 2009 et l’histoire débute par l’arrivée tardive de Makoto Yuki à la gare ferroviaire de Tatsumi Port Island. Dix ans après l’accident qui a coûté la vie de ses parents, il est presque minuit lorsque le protagoniste regagne sa ville natale, en tant qu’étudiant de deuxième année, nouvellement transféré au lycée Gekkoukan.

Sur son chemin vers le dortoir Iwatodai, il est témoin d’un phénomène pour le moins surnaturel : une funeste atmosphère s’installe soudainement et plonge la ville, ainsi que ses citoyens dans une profonde torpeur.

Les habitants, en particulier, revêtent désormais l’apparence d’inquiétants cercueils, coupés de toute interaction avec le monde extérieur. Étrangement, cette transformation n’affecte en aucune manière Makoto, qui poursuit sa route dans la plus grande indifférence.

Parvenu à destination, il fera la connaissance de Yukari Takeba, une pensionnaire de la résidence Iwatodai, mais aussi une de ses futures camarades de classe, qui sera bien étonnée de le voir débarquer à une telle « heure ». Depuis son arrivée, Makoto aura assisté à bon nombre d’événements inexplicables mais,en raison du traumatisme engendré par la perte de ses proches, il n’y accordera que peu d’importance, conservant une attitude détachée et distante…

Malgré cela, le quotidien de Makoto bascule un soir, lorsque le dortoir est pris d’assaut par une mystérieuse créature. C’est alors, en protégeant Yukari de cette menace, qu’il s’éveillera à sa Persona : Orpheus , l’incarnation physique de son moi intérieur.

On lui apprendra plus tard que ces créatures sont appelées Shadows et apparaissent durant la Kage Jikan (littéralement : Heure Sombre) : une vingt-cinquième heure journalière, qui ne peut être vécue que par des individus dotés d’un potentiel psychique latent.

Les gens ordinaires n’en ont pas conscience et se métamorphosent en cercueils durant ce laps de temps…

De plus, l’épicentre de ce phénomène semble être lié au lycée Gekkoukan, qui prend la forme d’une gigantesque et labyrinthique tour de Babel, baptisée Tartarus.

En raison de ses facultés, le protagoniste est invité à rejoindre le SEES (Specialized Extracurricular Execution Squad), un groupe d’utilisateurs de Persona, auquel Yukari appartient, dont la mission est de combattre les Shadows, ennemis de l’humanité.
L’exploration du Tartarus est alors lancée, afin d’élucider les mystères concernant la Kage Jikan et l’existence des Shadows

Persona 3 The Movie : #2 Midsummer Knight’s Dream :

Le SEES poursuit son combat contre les Shadows et compte désormais sur le renfort d’Aegis, une androïde anti-Shadow, conçue par le groupe Kirijo (la compagnie mécène du SEES). À son arrivée, Aegis nourrit une affection toute particulière pour Makoto et considère que sa mission est d’être à ses côtés pour le protéger. Quelles en sont les raisons ?

En parallèle, STREGA, un dangereux groupuscule d’utilisateurs de Persona, fera son apparition pour porter atteinte aux objectifs de Makoto et de ses compagnons. Leurs idéologies sont à l’exact opposé de celles du SEES et viendront semer le doute, remettant en question les motivations et le combat du groupe. Une chose est sûre, ce ne sera qu’en ayant les idées bien arrêtées que nos héros pourront continuer à avancer et défendre leurs convictions…

Pour ce deuxième film, je ne tiens pas à vous en révéler davantage au risque de gâcher le plaisir de ceux qui ne connaîtraient pas l’univers de Persona 3. Je m’arrêterai donc à ce niveau de détail et vous laisse le soin de découvrir par vous-même la suite de l’intrigue.

L’adaptation du jeu en films d’animation

Lorsqu’on procède à l’ adaptation cinématographique d’un mastodonte du J-RPG, dont la durée de vie peut cumuler jusqu’à une centaine d’heures de jeu, il y a nécessairement des arbitrages scénaristiques à réaliser, surtout si le format cible est un film de quatre-vingt-dix minutes. En effet, les jeux de la licence vidéo-ludique « Shin Megami Tensei : Persona » sont largement réputés pour la richesse de leur contenu, et Persona 3 n’échappe pas à cette règle.

Les interactions avec les personnages (jouables ou non) sont nombreuses et chacun d’entre eux dispose d’un background spécifique, plus ou moins développé. S’il avait fallu introduire superficiellement chaque personnage, le temps d’une scène, cela aurait été non seulement fastidieux mais n’aurait pas présenté un grand intérêt. À vouloir conserver trop de contenu, le rythme du film aurait été décousu : le choix a donc été fait de se focaliser essentiellement sur le scénario principal (et les personnages principaux), puis d’agrémenter celui-ci de caméos (avec des personnages secondaires) lors des scènes de transition.

Pour les besoins du film, on constate inévitablement quelques différences d’adaptation mineures, car la mécanique du jeu Persona 3 repose sur un rigide système d’évolution journalière : le héros évolue quotidiennement, en fonction des actions du joueur et, les événements-clés surviennent à des dates bien définies. Cette progression itérative n’est évidemment pas transposable à la structure d’une œuvre cinématographique. De ce fait, le spectateur peut ne pas disposer d’un développement, sur le long terme, de certains aspects du scénario, quelques passages pourront donc paraître « succincts » aux yeux du public.

Inversement, on retrouve par moment des ajouts de scènes, non présentes dans le jeu, qui permettent d’assurer une meilleure cohérence et contribuent à l’immersion dans l’histoire. C’est donc un compromis permanent entre compromis permanent entre la fidélité d’adaptation, par rapport au support d’origine, et une prise de risque assumée, se traduisant par une certaine liberté de réalisation, en vue d’aboutir à un meilleur rendu.

Le plus grand défi, dans ce projet, a été la manière d’intégrer Makoto dans l’intrigue. En effet, bien que ce soit le protagoniste qu’on incarne dans le jeu Persona 3 , il s’agit avant tout d’un personnage muet, dont les actions et les décisions sont dictées par le joueur. Ses traits comportementaux, ses caractéristiques gestuelles et même sa manière de parler… tout a dû être mûrement réfléchi avant le développement de son personnage dans le cadre d’un anime.

Terminons à présent par le côté visuel. C’est très beau graphiquement, l’animation est fluide et le chara design de Shigenori Soejima a été entièrement repris pour les différents films. Vu le talent de l’artiste, ce n’est sûrement pas cette partie qui plombera « Persona 3 The Movie », bien au contraire.

Les musiques

Ce sont celles du jeu d’origine, composées par Shoji Meguro. Pour l’occasion, certaines ont été remixées afin de mieux coller à l’ambiance des films. Un régal pour les oreilles.

Opening Persona 3 The Movie : #1 Spring of Birth – « Burn my Dread », interprété par Yumi Kawamura.

Ending Persona 3 The Movie : #1 Spring of Birth – « More Than One Heart », interprété par Yumi Kawamura.

Opening Persona 3 The Movie : #2 Midsummer Knight’s Dream Birth – « Fate is in Our Hands », interprété par Lotus Juice.

Ending Persona 3 The Movie : #2 Midsummer Knight’s Dream Birth – « One Hand, One Heartbeat », interprété par Yumi Kawamura.

Que retenir au final ?

« Spring of Birth » et « Midsummer Knight’s Dream » sont deux excellentes adaptations de l’un des volets les plus populaires de la licence « Shin Megami Tensei : Persona ». Plongé dans le sinistre climat du Tartarus et de la Kage Jikan, on suit avec intérêt l’évolution de Makoto sur les deux premiers films, qui posent d’une part les bases solides du scénario et permettent, d’autre part, la montée en puissance du SEES en préparation à l’affrontement d’une menace, toujours plus grande…

La diffusion du troisième long-métrage « Falling Down » a eu lieu le 4 avril 2015, celui-ci s’achève avec le teaser du quatrième et dernier film*, qui sera vraisemblablement intitulé « Last Episode ». A ce jour, sa date de sortie est encore inconnue mais, au vu de la fréquence de production, on peut gager sans trop se tromper que ce dernier épisode ne sera probablement pas diffusé avant 2016. La patience sera donc de rigueur.


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 12 de Mag’zine, que vous :pouvez toujours aller le lire ici.

*Persona 3 the Movie: #4 Winter of Rebirth, sorti le 23 janvier 2016

À propos de l'auteur

Ici Lord, « petite main » pour le Mag'zine dans la rubrique Soleil Levant, on m'exploite 48h par jour (oui, oui c'est possible !). La preuve : on m'avait averti que le taff serait rude. Or, un homme averti en vaut deux. Donc 2*24... vous me suivez ?

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