Sébastien Livolsi - sculpteur — Camélia Studio

Sébastien Livolsi – sculpteur

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Parce que l’univers de la figurine ne se limite pas à regarder et acheter, je vous invite à rencontrer Sébastien Livolsi, un jeune sculpteur français amateur. Après quelques années de découvertes de la matière et les premières tentatives de sculpture, le voilà qui produira et vendra sa première figurine, une version originale d’une célèbre héroïne. Découvrez donc ce sculpteur au travers d’une interview inédite.


Bonjour Sébastien. Nous nous sommes rencontrés lors du dernier FiMaJe, une petit convention azuréenne faisant la part belle aux miniatures, figurines et maquettes. Pourrais-tu te présenter pour ceux qui te découvrent ?

Je me nomme Sébastien Livolsi et je sculpte depuis une quinzaine d’années… Ma production est néanmoins assez faible car elle suit les vagues des évènements de la vie ! Il m’est arrivé de passer trois ans sans rien sculpter.

Comment en es-tu arrivé à faire de la sculpture ?

J’ai tout d’abord été attiré par le dessin ce qui m’a poussé à faire des études dans ce domaine ! Je me suis alors dirigé vers la publicité et j’ai travaillé dans la communication pendant de nombreuses années me hissant ainsi dans une grande agence. Parallèlement à ma vie professionnelle, j’ai continué à nourrir ma curiosité jusqu’à m’intéresser au modelage (chose intéressante à savoir… même dans le dessin, je préférais la recherche des volumes, ombres, perspectives, et.. à l’attribution des couleurs).

Un jour, en faisant mes courses, je vais faire une tour dans le rayon des travaux manuels… Même si généralement ce rayon ne comporte pas grand-chose, j’adore m’y balader ! Ce jour-là, j’étais décidé à acheter de la pâte à modeler, mais le hasard a voulu qu’il n’y en ait plus. A la place, j’y ai trouvé des pains d’argile ! Ce fut le début de ma découverte du volume. Une grande aventure… mais aussi mes premières nuits blanches à ne pas pouvoir quitter cette matière qui réagissait à mes demandes sans jamais me contredire. Un véritable plaisir !

Tu découvres donc les volumes et tu commences à tentes des formes réalistes, évoluant de plus en plus. Peux-tu faire un petit retour sur cette période de découverte de la matière ?

Ma première œuvre était une tête de Minotaure ! Modelé à l’arraché, juste avec les doigts, je suis retourné au magasin le lendemain, frustré de mon essai de la veille. Je m’achète le petit sachet avec une poignée de mirettes et c’est ce second soir qui m’a véritablement ouvert les yeux sur ma facilité. D’une tête de Minotaure, je passe au torse, puis les bras, pour finir par lui rajouter des jambes dans l’idée de le finir complètement.

Quand j’ai vu ce que j’avais fait, tout en respectant les contraintes anatomiques, je me suis littéralement pris une claque. J’ai entamé ma deuxième sculpture (un lézard) puis un peu d’abstrait avec quelques bas-reliefs, et d’autres sculptures plus engagées dont une, par exemple, qui représente une sirène engluée dans le pétrole.

Une fois les premiers pas franchis dans l’argile, quels matériaux as-tu utilisé ?

La plus grosse des contraintes de l’argile est la cuisson et son manque de finesse lorsque l’on rentre dans les détails (sans parler de la poussière). Du coup, je suis allé tester une autre matière, empruntée au figurinistes, la Sculpey ! C’est une matière sublime qui existe en plusieurs consistances, qui ne bouge pas, qui se travaille facilement, qui accepte toutes les exigences et qui se cuit au four… J’avais enfin mis la main sur ce que je cherchais sans le savoir.

Ma première tentative fut une femme en mode bondage (technique où la personne est attachée dans le cadre d’une relation érotique) et, plus récemment, je me suis attaqué à une célèbre héroïne. Si aujourd’hui la Sculpey est ma matière idéale, il n’y en a pas de mauvaise à mes yeux.

Ta dernière sculpture commence à faire parler d’elle dans le milieu. Il s’agit d’une version originale de Wonder Woman. Comment t’es venue cette idée ?

Ça faisait longtemps que j’avais prévu de faire une femme aux formes plus rondes que toutes celles que l’on pouvait voir dans le monde de la figurine. J’avais donc déjà l’idée de son physique inspiré du style de certaines pin-up. Puis je suis tombé sur les figurines de Catwoman… et je commençais à me dire qu’une Super Héroïne voluptueuse pouvait être sympa à faire. Et là, c’est le déclic : ce sera une Wonder Woman !

Toutes ces rondeurs ne l’empêchent pas de sembler forte et déterminée, comme tout super héros se doit de l’être. Comment as-tu travaillé ça ?

Oui c’est vrai que malgré ses formes généreuses, elle reste harmonieuse et athlétique ! Drôle d’exploit. Je pense que j’ai su lui donner les formes et la force. Pour cela, internet a été ma source de documentation première. Autant sur les sites adultes (ce fut pénible mais je m’en suis bien sorti LOL) qu’en regardant les héroïnes aux proportions plus « académiques » !

Mais il y a eu également une source d’aide non négligeable. Il faut savoir qu’il existe des sites internet proposant pour les artistes et surtout pour les sculpteurs, des photos faites à partir d’un modèle qui prend la pose et dont est tiré une série de photos tournant autour de ce modèle. Ce qui donne une vue très détaillée sur toutes les tractions du corps, positions des muscles dans tel ou tel mouvement, etc. Ce fut là ma documentation première concernant l’anatomie. Puis le reste de mes recherches m’a aidé dans la morphologie et les rendus des vêtements, cheveux (d’ailleurs concernant les cheveux, si des sculpteurs recherchent une technique, sur ma page FB attribué à Wonder Woman, ils y trouveront un tutoriel qui, je le pense, est assez clair).

Tu viens tout juste de la terminer en finalisant son socle. Quelles sont les difficultés que tu as rencontrées ?

Le socle fut un moment tout aussi intéressant que la sculpture elle-même ! Intéressant car ce n’est plus une personne que je devais représenter, mais un objet ! Ça, c’est le premier point. De plus, faire un socle, d’accord, mais un socle qui convienne à cette Wonder Woman, c’est un autre souci ! Donc là, l’inspiration était de mise… et je pense avoir réalisé un socle qui lui convient bien, qui dégage un esprit sixties tout en étant moderne. Il m’aura tout de même fallu environ huit heures pour y arriver, sachant qu’il me fallait aussi intégrer les tiges pour maintenir Wonder Woman dessus.

Je n’ai pas eu de grosses difficultés lors de la sculpture. Le vrai défi a été de combiner le temps de travail nécessaire à sa réalisation avec ma vie personnelle. Les détails prennent du temps et il a parfois été dur de résister à l’appel du canapé avec un bon film…

Avancée ultime pour un amateur, ta Wonder Woman sera bientôt tirée en plusieurs exemplaires. Comment ça s’est passé ?

Ha là là… Cette question est certainement la plus intéressante pour ce qui est de mon parcours et de mon évolution ! La sculpture est ma passion et, bien que j’aime beaucoup mon métier, je rêve comme beaucoup d’artistes de vivre de ma passion ! Et jusqu’à cette Wonder Woman, l’idée d’en faire mon métier m’avait souvent traversé l’esprit mais sans jamais y croire vraiment ! J’ai donc longtemps gardé cette passion comme un simple plaisir ! Faisant quelques expositions, deux ou trois marchés d’art, quelques moules silicones sur certaines de mes réalisations, mais les bénéfices ne couvraient pas les dépenses engendrées.

Et cette fameuse Wonder Women BBW fait parler d’elle et j’en suis très fier. J’ai énormément de retour positif la concernant, des invitations à des salons (dont le FiMaJe, qui nous a permis de nous rencontrer), France 3 qui passe sur notre stand et me glisse dans leur interview, les encouragements… Et parmi cette multitude de sollicitations qui l’entoure, une question revenait souvent : « Pourrais-je en avoir une ? ».

Je ne suis pas du tout insensible à ce genre de question et je dois dire que ça m’a travaillé. J’ai donc entrepris de me renseigner sur les démarches d’une mise en production. Le salon du FiMaJe m’a été d’une grande aide, car on y trouve énormément d’artistes de talent tout comme des professionnels de cette branche artistique. Parmi les professionnels, comprenons les revendeurs de peintures ou accessoires, des artistes sculpteurs qui réalisent à la demande, des peintres extraordinaires qui donnent vie à la résine… mais aussi des reproducteurs, les « casteurs », spécialisés dans les tirages résines !

Aujourd’hui, ce n’est plus qu’une question de temps pour sa mise en vente (comptez encore deux mois pour sa disponibilité) ! Je finalise le socle et deux ou trois détails… puis la belle sera planifiée pour une production de vingt exemplaires !

Pour terminer cette interview, aurais-tu quelques conseils à donner à tous les amoureux/curieux de la sculpture qui auraient envie de se lancer ?

Je pense que le premier des conseils c’est de faire ce qu’on a envie ! Ça peut paraître bête mais c’est la base. Ensuite pour bien travailler, il faut bien se préparer. Organiser son plan de travail correctement de manière à ne pas avoir à se lever toutes les deux minutes ou devoir se déplacer parce qu’on gêne.

Et enfin « LE » conseil pour bien travailler (comprendre par là être en pleine explosion d’inspiration et ne faire qu’un avec la matière) : ne jamais se mettre à la sculpture si on a que 10 minutes devant soi pour finalement faire 15 minutes quand on revient…. C’est même pas la peine ! Il vaut mieux repousser et s’y plonger lorsque l’on sait que pendant toute la nuit, ou l’après-midi, rien ni personne ne viendra troubler ce moment ! C’est capital. »


Et bien merci Sébastien pour toutes ces informations, et merci à vous, chers lecteurs, d’avoir lu sa première interview.

Pour en voir plus sur son travail, suivre ses tutoriels ou lui poser des questions, n’hésitez pas à aller visiter son site https://plump-wonder-woman.blogspot.com/.

Une page Facebook est aussi dédiée à la voluptueuse princesse Diana, donc n’hésitez pas à liker pour profiter de photos sous tous les angles et de conseils de pro en sculpture (https://www.facebook.com/wonder.woman.bbw), surtout si vous appréciez son travail. Ce sera un bel encouragement.


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 5 de Mag’zine, que vous pouvez toujours aller lire ici.

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