Togainu no chi — Camélia Studio

Togainu no chi

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Si vous vouliez voir de la petite culotte, raté : aujourd’hui, on remballe les soutiens-gorge et on sort les phallus en érection ! Vous l’aurez compris, je vais vous parler d’un jeu Yaoi et, plus particulièrement, du premier de la lignée Nitro+chiral, la branche boy’s love de Nitroplus. Sorti pour la première fois sur PC en 2005 avant d’être réédité deux fois sur PS2 puis PSP, Togainu no Chi est un grand classique du genre. Manga, roman, dessin animé, de nombreux supports se sont approprié le jeu : mais qu’est-il vraiment ?

Plantons le décor

Après la troisième guerre mondiale, le Japon est divisé en deux et ravagé par un mal : une génération entière d’enfants endoctrinés pour la guerre mais qui n’ont pas eu le temps d’aller sur le champ de bataille. Pour pallier au manque de violence dans leur vie, ces derniers inventent des jeux proches des guerres de gang, le crime en moins.

Dans cet univers glauque où tout semble insalubre, vous incarnez Akira, un jeune homme taciturne. De base, l’ambiance est lourde et sombre, alors gardez votre corde bien au chaud dans votre tiroir, elle pourrait servir.

Un jour, il est accusé d’un meurtre qu’il n’a pas commis ; une femme mystérieuse du nom d’Anna (la seule femme du jeu d’ailleurs) lui propose sa liberté contre un arrangement étrange…

Et vous voilà envoyé à Toshima, une sorte de No Man’s Land où tous les délits sont permis. Le meurtre en cet endroit est monnaie courante : un jeu se nommant Igura y a même été créé, le but étant de récupérer les plaques des concurrents pour détrôner Il Re et devenir le roi du trafic de drogue – la grande classe mode LSD.

Pour résumer, Akira devient un participant et doit, même s’il ne sait pas trop pourquoi, refaire au carré la tête d’Il Re car vendre et faire circuler de la drogue, c’est le mal.

Vous vous en doutez, vous n’aurez pas le temps de vous en occuper, sans quoi le jeu n’aurait pas grand intérêt. Surtout avec trois merveilleux bonhommes qui ne demandent qu’à tendre leurs fesses dès votre première partie ! L’homme mature de quarante ans, l’ami d’enfance éperdument amoureux, la petite peste adorable, qui sera votre premierchoix ? Faites tourner la roulette !

Une fois ces trois routes terminées, vous débloquerez deux autres personnages et leurs fins respectives : celle de Shiki, le sadique ténébreux, et la True End avec Nano, personnage bien mystérieux que vous découvrirez au fil des histoires.

Et le premier qui crie « au spoil », je lui balance ma tentacule dans la figure : le nom de Nano figure dans la liste des CG des extras, alors pas de grosse surprise scénaristique. Bref, on a un panel assez large de personnages différents en termes de background et de personnalité : un détail appréciable !

Même si c’est dans la branche Yaoi, c’est un Nitroplus et, on ressent bien pourquoi avec cet univers sombre, oppressant. On reconnaît la patte du studio qui cherche à nous faire réfléchir sur des questions classiques : l’humanité, la mort, la liberté. L’histoire est très intéressante, mais elle souffre d’un énorme défaut : elle se répète d’une route à une autre.

Contrairement aux derniers petits bijoux de Nitro+Chiral, ce jeu perpétue quelques erreurs ; et rien de plus normal, c’est une première tentative pour un public que le studio ne connaissait pas encore très bien. Que ce soit avec Rin, Keisuke, le vieux ou Shiki, les mystères autour de Toshima et Akira sont dévoilés de la même manière, avec un dénouement final quasi identique. C’est assez frustrant et lassant. La True End cependant offre quelque chose d’un peu nouveau, même si elle est sans surprise.

Et puisqu’on parle des défauts, en voilà un autre, insupportable : les erreurs de narration !

En effet, le jeu est à la troisième personne. C’est le moins courant mais cela donne un avantage indéniable : la possibilité d’être omniscient et de raconter des faits et événements qui ne sont pas liés au personnage ou que le protagoniste ne pense pas.

Alors pourquoi, sérieusement, alors qu’Akira n’est même pas dans la scène, un « Je » apparaît ? Et malheureusement, cette faute se répète plusieurs fois, en n’étant clairement pas du discours indirect libre ! Une erreur de débutant pour un si grand studio, sérieusement ?

La narration, l’écriture, c’est tout de même un énorme pourcentage d’un visual novel. Ce genre de chose, c’est beaucoup trop flagrant pour être ignoré. Cependant, le style est sympathique, pas trop lyrique et, les descriptions sont courtes mais efficaces. On rentre assez bien dans l’action et, pour peu qu’on accroche à l’univers, ce sera suffisant pour satisfaire n’importe quel joueur curieux.

Sons et lumières

Le jeu joue beaucoup sur les ambiances pour plonger le joueur dans son univers morbide. On y retrouve donc des musiques assez lourdes, entraînant l’action avec des guitares électriques, et même les pistes calmes sont inquiétantes. Elles desservent bien l’atmosphère mais ne sont pas spécialement jolies, et un peu ennuyantes à force de les écouter. Ni bon ni mauvais, avec un penchant vers le bon.

Au niveau des doublages, c’est assez inégal : on a d’un côté des doubleurs plutôt bons, comme Shiki avec Hikaru Midorikawa (Kaiba de Yugioh!, pour la blague…), et des comédiens qui ont un peu plus de mal à rendre un personnage crédible, comme Rin avec Hayato Kiryuuin (qui pourtant maintenant double bien des personnages connus comme Lelouch ou Grell Sutcliff).

Le doubleur d’Akira est particulièrement bon et, malgré que le personnage souffre de la tendance à changer de personnalité comme de chemise, l’acteur arrive à rattraper tout cela avec brio en lui redonnant de la crédibilité par la voix. Bien joué l’artiste !

Du côté des graphismes, on retrouve cette patte de colorisation propre aux Nitro+Chiral, beaucoup plus embellie dans leurs derniers jeux. Douce et plastique, elle apporte son petit quelque chose à l’atmosphère générale. En ce qui concerne les dessins, les chara-designs ne sont pas très jolis et assez feignants, illustrant deux poses, trois maximum, et quelques expressions statiques.

Il y a en revanche de nombreux CG, et là, c’est beaucoup plus sympa ! Surtout que le studio n’a pas hésité à y faire figurer des personnages très secondaires, et c’est assez rare pour le souligner. Il faut s’habituer au mélange de 3D pour le décor et de 2D pour les personnages, mais on s’y fait.

Par contre, encore un point négatif : le trait est souvent irrégulier. On sent la volonté d’un réalisme sur les expressions des personnages, mais cela a souvent tendance à déformer leurs visages et leur donner des boîtes crâniennes différentes, laissant la bien trop présente impression d’avoir trois à quatre illustrateurs d’une image à une autre. Ça manque de cohésion, et c’est bien dommage car les dessins sont beaux.

En résumé

Si on le remet dans son contexte, Togainu no Chi n’est pas un mauvais jeu : malgré ses défauts, il propose une histoire prenante et une ambiance particulière qui donne envie de se plonger dedans. Les personnages ne sont pas extrêmement travaillés mais suffisamment pour être attachants, et le scénario accroche avec de jolies illustrations qui n’hésitent pas à illustrer même les personnages secondaires pour appuyer la narration. Ce n’est pas une perle, mais c’est un bon jeu qui ravira les fans de violence et de petits jeux sexuels entre hommes.


Cet article est une republication d’un article paru dans l’édition reliée n° 13 de Mag’zine, que vous :pouvez toujours aller le lire ici.

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Natsuki

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